L’essentiel à retenir : l’église Saint-Bernard, à l’abandon depuis vingt ans, s’apprête enfin à changer de visage. La Mairie et Carré d’Or lancent un projet audacieux pour transformer l’édifice en salle d’escalade et espace de coworking. C’est la solution idéale pour sauver les murs de la ruine et dynamiser le quartier, même si une association locale ne lâche rien au tribunal. On attend l’ouverture de ce spot unique pour 2029 ou 2030, après la signature d’un bail de 50 ans.
Ça chauffe encore sur les pentes de la Croix-Rousse. Malgré l’accord attendu pour janvier 2026, l’opposition à la transformation de l’église en escalade ne lâche rien. On fait le point sur ce projet hybride qui doit sauver le bâtiment mais qui continue de diviser.
- Un bras de fer judiciaire qui ne faiblit pas
- Escalade, coworking, café : ce que prévoit le projet
- Une église au passé tourmenté et à l’avenir incertain
Un bras de fer judiciaire qui ne faiblit pas
« On ne lâchera rien » : le cri de guerre des opposants
L’association Saint-Bernard de Lyon ne décolère pas. Nicole Hugon, sa présidente, refuse catégoriquement cette rénovation d’un lieu emblématique du 1er arrondissement. Elle a promis de poursuivre sans relâche le combat judiciaire contre la mairie pour bloquer le chantier.
Pour elle, ce projet est un « véritable scandale ». Elle accuse ouvertement la municipalité de mépriser l’histoire locale, celle des Canuts et des plus démunis, pour privilégier une activité jugée élitiste. La détermination des opposants reste totale face à ce qu’ils considèrent comme une insulte au patrimoine.
Ce n’est pourtant pas leur premier round. Malgré des échecs passés, ils reviennent à la charge avec vigueur. C’est le classique combat de David contre Goliath, mais l’association prouve que le dossier est très loin d’être clos.
On ne lâchera rien. C’est un véritable scandale qui méprise l’histoire, les pauvres et les canuts au profit de l’escalade.
Un accord qui met le feu aux poudres
Ce qui a tout relancé ? L’accord annoncé le 17 décembre 2025. La Ville de Lyon s’est entendue avec la société Colbert, une filiale de Carré d’Or, pour sceller le destin de l’édifice.
Concrètement, on parle d’un bail emphytéotique de 50 ans. Tout se jouera lors du vote du conseil municipal prévu en janvier 2026. Une étape décisive qui cristallise les tensions actuelles.
Pour les opposants, c’est une provocation pure et simple. C’est cette annonce qui motive leur nouvelle offensive, bien plus virulente que celle concernant les transformations de la Presqu’île voisine.
Escalade, coworking, café : ce que prévoit le projet
Un projet hybride pour faire revivre l’édifice
On ne va pas se mentir, le cœur du truc, c’est la grimpe. Imaginez l’ancienne nef transformée en une spectaculaire salle d’escalade avec des murs vertigineux. Ça pourrait monter à plusieurs dizaines de mètres, de quoi donner le vertige même aux habitués.
Mais attention, le projet ne s’arrête pas là, loin de là. C’est pensé pour être multifonctionnel, un vrai lieu de vie ouvert sur tout le quartier. L’idée, c’est de mixer les usages pour que tout le monde y trouve son compte.
On est clairement sur une dimension « lifestyle », on ne vient pas juste pour transpirer. L’objectif est de créer un pôle d’attraction unique dans ce coin historique, ce qui risque de booster l’investissement locatif à Lyon. Bref, vous n’avez plus rien à gérer pour vos sorties, tout est sur place.
- Une salle d’escalade comme activité principale.
- Un espace café/restauration pour la convivialité.
- Des bureaux et espaces de co-working pour les professionnels.
Qui pilote et pour quand ?
Alors, qui est aux manettes de ce chantier titanesque ? D’un côté, on a la Ville de Lyon, propriétaire des murs. De l’autre, c’est le promoteur Carré d’Or, via sa filiale Colbert, qui s’y colle.
Pour la mairie, c’est simple : ce projet sauve un bâtiment qui menaçait de s’écrouler. Ils défendent une réhabilitation respectueuse qui apporte une nouvelle dynamique, malgré l’opposition transformation église escalade qui gronde encore chez certains puristes.
| Étape | Calendrier prévisionnel | Acteur clé |
|---|---|---|
| Vote du conseil municipal | Janvier 2026 | Ville de Lyon |
| Début des études | Courant 2026 | Carré d’Or |
| Durée des travaux | 18 à 24 mois | Carré d’Or |
| Ouverture espérée | 2029 / 2030 | Public |
Une église au passé tourmenté et à l’avenir incertain
Pour comprendre la ferveur des opposants, il faut revenir sur l’histoire singulière de cet édifice du 1er arrondissement.
Pourquoi Saint-Bernard était-elle à l’abandon ?
On ne parle pas d’une nouveauté ici. L’église est fermée au public et désacralisée depuis le début des années 2000, soit plus de vingt ans. Ça fait un bail que les portes restent closes.
Pourquoi ce silence ? Une vétusté avancée rongeait les murs. Le bâtiment menaçait tout simplement de s’effondrer sur lui-même, rendant toute utilisation impossible sans travaux massifs. C’était devenu une zone de danger, pas de prière.
Pour couronner le tout, c’est un bâtiment inachevé. Il n’a jamais eu de clocher ni de parvis. C’est un détail qui renforce son caractère atypique et sa fragilité structurelle.
- Des désordres structurels majeurs.
- L’impact du percement du funiculaire de la Croix-Rousse
- La présence de nombreuses galeries souterraines fragilisant les fondations.
L’objectif affiché par la municipalité est de faire revivre l’église en étant respectueux de son patrimoine, notamment les vitraux remarquables qui seront restaurés.
Entre sauvegarde du patrimoine et nouvel usage
La mairie est catégorique : sans ce projet, l’église était condamnée. La transformation en salle d’escalade est présentée comme la seule solution viable pour financer une réhabilitation très coûteuse et sauver le bâtiment de la ruine.
On nous promet de garder l’âme du lieu intacte. Les fameux vitraux de Lucien Bégule seront restaurés, tout comme d’autres éléments architecturaux. Un enjeu similaire à la rénovation du pont de l’Université pour les Lyonnais.
Finalement, le débat de fond est là, alimentant l’opposition transformation église escalade. Faut-il préserver un lieu à tout prix, même en changeant radicalement sa fonction, ou le laisser mourir au nom de son histoire ?
Au final, on est encore dans le flou pour Saint-Bernard. Si la mairie rêve d’ouvrir sa salle de grimpe vers 2029, l’association locale ne lâche rien au tribunal. C’est un sacré feuilleton qui s’annonce ! On vous tient au jus pour la suite, car ce dossier est loin d’être bouclé.
